Vue globale du château de Quintin, aquarelle
DSA

Diplôme de spécialisation et d'approfondissement

Sous-titre
mention Architecture et patrimoine
Riche de son histoire, l'Ecole assure par le biais du DSA la formation des architectes du patrimoine, qui œuvrent depuis des décennies pour l'appropriation contemporaine du bâti existant, des villes anciennes et des territoires. Le «cours de Chaillot» dépend du système européen d'enseignement supérieur en tant que Diplôme de spécialisation et d'approfondissement (DSA), mention «architecture et patrimoine». Il s'agit d'un diplôme propre du ministère de la culture, reconnu à un niveau post-master par le ministère de l'enseignement supérieur.
Appel à candidatures DSA 2017 2019 GIF compte à rebours

L'appel à candidature pour le DSA 2017-2019 est disponible ici.

Cette formation permet d'acquérir les compétences professionnelles et les capacités de réflexion et de conceptualisation nécessaires à toute forme d'intervention sur l'«existant». Elle doit apporter aux architectes une «culture de diagnostic» qui leur permettra d'intervenir de façon efficace, dans le respect de l'objet étudié, sur les domaines les plus variés couvrant ainsi l'ensemble du patrimoine architectural, urbain et paysager et donne accès aux connaissances techniques, culturelles, administratives et législatives correspondantes.

Le contexte d'intervention des architectes est en pleine évolution. Avec le déploiement de la décentralisation, les collectivités territoriales voient s'accroître leurs responsabilités et leurs besoins en matière d'expertise pour la qualité architecturale et le patrimoine. L'Ecole est attentive à être en phase avec l'évolution des métiers. Elle veille en même temps à poursuivre son évolution dans la société contemporaine. Le patrimoine et la qualité du cadre de vie sont aujourd'hui des outils essentiels pour les responsables des villes et des territoires. Facteurs d'identité pour les habitants, ils contribuent à leur intégration sociale et servent de levier pour le développement économique et environnemental.

Deux événements ouverts à un large public rythment chaque année la formation :

  • une exposition des travaux des élèves réalisés pendant l'atelier en deuxième année, dont le vernissage coïncide avec la remise des diplômes : en 2016, les ateliers ont été réalisés à Autun (Saône et Loire) et Vathia (Grèce).
  • une leçon inaugurale donnée par un architecte, invité à livrer son rapport à l'histoire et à l'existant, et qui fait l'objet d'une publication : Patrick Bouchain s'est livré à cet exercice en 2017, et a succédé à Jose Ignazio Linazasoro, Philippe Prost, Salma Samar Damluji, Wang Shu, Bernard Desmoulin, Alexandre Chemetoff, Jean-Marie Duthilleul, Jean Nouvel, Pierre-Louis Faloci, Patrick Berger, Henri Gaudin, Yves Dauge.

Public concerné

La formation s’adresse à des architectes qui souhaitent exercer des missions de maîtrise d’œuvre sur des chantiers de restauration et de création en milieu ancien, ainsi qu’à ceux qui seront chargés d’études urbaines en milieu patrimonial. Son enseignement représente une préparation pertinente pour le concours d’Architecte en chef des Monuments historiques (ACMH) et celui d’Architecte et urbaniste de l’État (AUE), option « Patrimoine ». L'École de Chaillot en assure la formation post-concours, avec l’École des Ponts-Paris Tech.

Carrières

L’École forme sur une année civile environ 250 architectes spécialistes du patrimoine, dans le cadre du DSA. Ils exercent ensuite dans le secteur privé en tant que libéral ou comme salarié, dans les administrations d’État ou la fonction publique territoriale, au sein desquelles la connaissance du patrimoine et la maîtrise des opérations sur l'existant deviennent chaque jour plus nécessaires pour réussir l'aménagement des territoires.

Les diplômés de l’École de Chaillot sont regroupés au sein de l’Association des architectes du patrimoine. Celle-ci leur permet de suivre les activités de l’École et de porter les valeurs de son enseignement. Elle tient à jour la liste des diplômés. Elle a pour but de fédérer et d'animer le réseau des anciens élèves, de promouvoir leur savoir-faire touchant le patrimoine architectural, urbain et paysager, et de représenter leurs intérêts. Elle organise des voyages et des formations.

Les conditions d'inscription

La formation est ouverte aux architectes français ou étranger. La sélection se fait sur présentation d'un dossier d'œuvres et de croquis et par un entretien avec un jury composé d'enseignants de l'école, d'enseignants des ENSA et de professeurs d'université. Chaque promotion accueille environ 60 élèves. Les modalités d'inscriptions sont disponibles sur le site au début du mois d'avril. La sélection a lieu en juin, et la rentrée début septembre.

Les droits d'inscription sont fixés chaque année par le ministère de la Culture et de la communication : ils s'élèvent à 984€ pour l'année 2014-15.

Organisation

La formation est constituée d’un tronc commun (94% des enseignements) et de deux options (6%) : « Édifice, monument » et « Ville, territoire ».

Le cursus est organisé en quatre semestres sur deux années universitaires selon un calendrier fixé chaque année. Le tronc commun couvre la totalité des enseignements de la 1e année et une grande partie des enseignements de la 2e année. Les enseignements sont regroupés en unités d’enseignements (UE). Une mise en situation professionnelle (MSP) équivalente à quatre mois de travail à plein temps doit également être validée dans la formation.

L’enseignement est dispensé sous forme de cours magistraux, de travaux dirigés, de visites, d’examens ou de loges.

A chaque session sont organisés en 1e année un voyage de découverte et deux journées d’études thématiques et en 2e année un atelier de projet long sur site. Ils sont obligatoires. Ces activités peuvent être organisées, exceptionnellement, en dehors des lundis et mardis.

Le cursus est composé de 16 UE, dont 12 de tronc commun (avec la MSP) et 2 par option. La validation des UE se fait par des exercices et/ou examens. Les modalités de contrôle des connaissances et leur validation par le jury de fin d’année figurent dans le règlement des études.

Le DSA est un diplôme du ministère de la culture et de la communication. A ce titre, il est positionné à un niveau post-master. Son organisation en Unités d’enseignement (UE) et sa valorisation en ECTS permettent la mobilité des étudiants à travers l’espace européen de l’enseignement supérieur.

A chaque UE est affecté un certain nombre de points de crédits, qui traduit la quantité de temps moyenne que cette UE demande à l’étudiant proportionnellement à l’ensemble du cursus. Le calcul des points ECTS prend en compte la durée des cours et le temps de travail personnel passé. Ces points sont attribués à l’étudiant lorsqu’il a validé l’UE selon les modalités prévues dans le cursus. Le DSA est équivalent à 120 ECTS.

Tronc commun et options

Le tronc commun permet au futur architecte intervenant sur le patrimoine de mettre hors de danger un édifice en péril et de se familiariser avec les études urbaines. Il comprend aussi tous les apports théoriques préalables aux exercices d’interventions pérennes sur les édifices et les territoires.

Les élèves doivent choisir une des deux options du DSA mention « Architecture et patrimoine » : option « Édifice, monument », ou option « Ville, territoire ». Chacune de ces deux options représentent 6% de l’enseignement du DSA sur deux ans.

L’option est la mise en pratique de ces interventions dans les deux champs « Édifice, monument » et « Ville, territoire ».

Validation des enseignements

Le contrôle des connaissances se fait par contrôle continu ou examen terminal, selon un calendrier des exercices et examens fixé en début d’année. Le rendu des exercices et la présence aux examens sont obligatoires, Les élèves qui ont validé la totalité des UE de première année sont autorisés à s’inscrire en 2ème année. Ils devront choisir en fin de 1e année l’option qu’ils suivront au cours de la 2e année. En cas de redoublement d’une ou de plusieurs UE, les élèves concernés seront inscrits à ces UE non validées et devront les avoir obtenues, avant de pouvoir poursuivre le cursus de 2e année, ou obtenir le diplôme.

Équipe enseignante

L’encadrement pédagogique est entièrement assuré par des professionnels et spécialistes reconnus du secteur : architectes et urbanistes de l’État, architectes en chef des monuments historiques, architectes en activité libérale, conservateurs du patrimoine, ingénieurs spécialisés. Ils participent pour une part très importante à la réalisation du cursus. Par ailleurs, l’École fait appel à des universitaires et des chercheurs qui font bénéficier les élèves de leurs centres d’intérêt et de recherche sur l’histoire de l’architecture et les techniques constructives. Enfin, des représentants des institutions en charge du patrimoine complètent la formation en explicitant les politiques publiques et la législation concernant le patrimoine. Ils peuvent être appuyés, ponctuellement, par d’autres intervenants.

Ouverture vers d'autres formations

L'habilitation du diplôme à un niveau post-master a permis de clarifier son positionnement dans le système des diplômes européens. Ce nouveau positionnement permet à la formation de s'ouvrir vers d'autres formations similaires en Europe, de développer des liens et mettre en place les bases d'échanges futurs.

Législation L'organisation du DSA est régie par l'arrêté du 20 juillet 2005 relatif à l'organisation des diplômes de spécialisation et d'approfondissement en architecture.

Contenus

Les réflexions que suscitent la restauration et la réutilisation des édifices ainsi que la gestion des centres anciens sont au cœur de l'enseignement tant du point de vue de l'histoire que de l'actualité sociale et de l'économie du bâtiment. Les perspectives offertes par la réutilisation, qui représentent l'ouverture du patrimoine sur le monde de demain, sont présentes dans la formation.

Tronc commun

Le DSA, mention « Architecture et patrimoine », de l’Ecole de Chaillot concerne le patrimoine à toutes les échelles et à toutes les époques. Il est conçu pour permettre à ses diplômés de conduire l’identification du bâti existant et, par l’analyse de ses paramètres, en définir la conservation, la mise en valeur et l’insertion dans la société de demain. Les études traitent des différentes échelles d’intervention, selon les modalités suivantes :

  • A l’échelle de l’édifice et du monument, la connaissance du patrimoine est enseignée sous l’angle de l’évolution des matériaux, des structures et l’étude de leurs pathologies. Cela passe par l’histoire comparée des techniques et des modes de construction, l’analyse, la mise en surveillance des ouvrages, la recherche et la localisation de l’origine des désordres. Le diagnostic structurel permet d’orienter les interventions d’urgence, d’éclairer les choix pour le parti d’intervention retenu et l’identification des usages contemporains possibles. Il doit permettre au futur architecte du patrimoine d’intervenir sur des édifices anciens et de diriger des travaux d’urgence et de restauration. Les nouvelles contraintes énergétiques et les questions de sécurité sont prises en compte dans l’enseignement pour les choix de restauration.
  • A l’échelle de la ville, le programme développe l’analyse des centres anciens du point de vue du patrimoine et des usages. Il traite des formes urbaines et de leur occupation sous tous les aspects qui concernent les établissements humains : habitat, infrastructures, transport, activités économiques, tourisme. Il s’appuie sur l’analyse historique, l’inventaire de l’existant, l’étude des caractères typologiques et morphologiques des tissus urbains, le maniement des procédures réglementaires. Cet enseignement prend en compte la notion de développement durable appliquée au patrimoine urbain et paysager suivant une double approche : d’une part l’appréciation écologique de l’existant (mode d’urbanisation, mode constructif, …) ; d’autre part les questions soulevées par l'évolution des villes vers une optimisation écologique.
  • A l’échelle du territoire : cet enseignement aborde la notion de patrimoine paysager urbain et naturel, mettant en œuvre différentes échelles spatiales intégrant les composantes environnementales, économiques, culturelles, techniques et de droit.

Le tronc commun permet au futur architecte intervenant sur le patrimoine de mettre hors de danger un édifice en péril et de se familiariser avec les études urbaines. Il comprend aussi tous les apports théoriques préalables aux exercices d’interventions pérennes sur les édifices et les territoires.

Pour approfondir l’exercice de la maîtrise d’œuvre, les enseignements couvrent différents champs dans le tronc commun. Le domaine des outils de la connaissance dispense des enseignements relatifs à la méthodologie de la recherche documentaire er archéologique, aux méthodes et techniques de lecture et de diagnostic du bâti, aux théories de la maîtrise d’œuvre sur le patrimoine, aux outils de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager.

Le domaine de l’histoire présente une histoire chronologique de l’architecture de la préhistoire au XXe siècle, l’histoire de la ville de l’antiquité à l’avènement de la ville industrielle, de l’évolution des infrastructures, réseaux et déplacements qui ont façonné le territoire, l’histoire de l’architecture militaire et l’histoire des jardins. L’évolution du vitrail à travers les siècles, de la peinture murale, de la sculpture monumentale, des grands décors et de l’aménagement liturgique est également étudiée.

Le domaine de la compréhension et l’étude des édifices et des centres anciens aborde la typologie architecturale et la morphologie urbaine, la consolidation des structures, les composants des édifices, des monuments, et des villes et des territoires.

Option Edifice

Elle est constituée d’exercices d’application des disciplines de « conservation », « restauration et mise en valeur », et d’« utilisation-réutilisation ». Il s’agit ici d’approfondir la pratique de ces interventions, grâce à des études de cas et à des exercices d’intervention sur l’édifice (au sens du projet d’architecture), et de maîtriser les différents aspects du processus. Les outils et la nature du projet enseignés sont les suivants :

L’outil technique : dans les domaines structurels et constructifs, une partie très importante est consacrée aux modes d’analyse, puis à l’identification des causes des désordres, afin de proposer les solutions de conservation et de renforcements nécessaires. Les exercices porteront sur les fondations, les structures d’appui et les structures clavées, après leur approche en tronc commun.

Le projet d’architecture : conservation/restauration/utilisation : La conservation est considérée comme assurant le maintien de l’état actuel de l’édifice. Sont abordées les problématiques relatives au degré de conservation, et aux limites du compromis entre la fidélité et le sacrifice lié notamment à la recherche d’économie. Quelles sont les hiérarchies du patrimoine entre détail original et enveloppe globale, et quelles sont les approches en matière d’économie du patrimoine sont deux questions essentielles soulevées.

La restauration aborde la notion de cohérence architecturale, en développant la faculté d’identifier les strates architecturales et constructives, la capacité à en effectuer l’analyse qualitative en termes d’intérêt patrimonial, et à en déduire le parti de restauration à proposer. Les notions de restitution de ce qui a disparu, ou de compléments de ce qui n’a pas été achevé, les notions d’écriture architecturale feront le lien entre expression, sensibilité plastique (création architecturale) et expression doctrinale (lisibilité, harmonie).

La mise en valeur est le complément de la restauration

L’utilisation et la réutilisation constituent le troisième volet du projet d’architecture. Le projet d’architecture traitera concrètement le domaine de l’insertion de l’édifice dans « la vie active ». La notion de « compatibilité » est la condition préalable et fondamentale, et doit être parfaitement maîtrisée. Elle passe par l’analyse du programme d’utilisation et de ses composants principaux et secondaires, et des contraintes qu’il génère (données qualitatives et quantitatives en terme d’espaces, de surcharges, etc.), par l’analyse de la capacité d’accueil de l’édifice en termes de structures, de dégagements, circulations et accès, et en termes de surfaces disponibles, par l’analyse du sens qui découlera du rapport programme-architecture : valorisant, paradoxal, dévalorisant...

En cas de compatibilité positive, le projet d’utilisation développera de façon simultanée les notions de conservation, restauration, mise en valeur et renforcement des structures. En parallèle, il mobilisera les capacités de création et d’aménagement, en y intégrant des données normatives de confort et à destination des PMR. L’identification des atouts du patrimoine dans le domaine du développement durable devra permettre de répondre aux performances recherchées.

Option Ville et Territoire

Ses enseignements approfondissent la mise en œuvre du projet de sauvegarde et de mise en valeur, dans ses trois phases : le diagnostic, le projet et le règlement. Les élèves développent ce « projet long » sur les deux semestres de la deuxième année avec deux rendus (un intermédiaire et un final).

Le « projet long » est un travail monographique, complet et personnel, mené sur le patrimoine d'une ville incluant des propositions pour des évolutions architecturales et urbaines tant réglementaires qu’opérationnelles. Ce « projet long », qui s’apparente à un travail de recherche, permet d'acquérir les capacités à aborder de manière concrète la maîtrise d'œuvre urbaine et le projet architectural dans les sites protégés.

Pour chacun de ces projets les objectifs pédagogiques sont les suivants :

  • maîtrise des questions patrimoniales depuis le territoire jusqu'à l'architecture et des méthodes de diagnostic qui s'y rapportent ;
  • capacité à synthétiser, à problématiser et à définir des enjeux spécifiques à chaque ville ;
  • apprendre à « donner du sens » à la ville au travers d'un projet architectural et urbain qui articule le développement social et économique avec la préservation et mise en valeur du patrimoine.

Le fil directeur commun à l’ensemble des « projets longs » est, au-delà du patrimoine, celui du développement durable. Cette notion comprise comme méthode de conception, constitue un enjeu primordial au XXIe siècle. Chaque élève développe une approche innovante de la question, afin de dépasser le stade actuel qui oppose souvent une vertu contre l'autre, le patrimoine contre l'écologie. Si les villes anciennes sont les archives du développement durable, elles doivent aussi devenir des lieux d'innovation et d'excellence architecturale.

Chaque « projet long » propose ainsi des pistes d’exploration pour ce que pourront être les futures protections qui remplaceront les Aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP), les Zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), les Secteurs sauvegardés et les Sites dans le cadre de la loi « Création, architecture et patrimoine » en cours d’élaboration. Ces pistes doivent prendre en compte les objectifs du développement durable. Les élèves présentent leur « projet long » devant des élus, des ABF, des architectes-urbanistes enseignants, des représentants des directions institutionnelles (telle la direction des monuments historiques et des espaces protégés), des représentants d’associations.

Résultats : candidats admis à la session 2017-2019
Soutiens

Grâce au mécénat de la Fondation Total, la Fondation du patrimoine a apporté son soutien à la réalisation des ateliers sur site de l'École de Chaillot.
Crédit Agricole d'Ile-de-France Mécénat soutient la promotion 2016-2018 du DSA de l'École de Chaillot