Découvrez plus de vidéos

Créer au-delà du réel : inspiration et contraintes du vitrail contemporain (1965-2017)

Captation de la conférence prononcée le 21 février 2019

Borel Julien
(19..-....) Metteur en scène ou réalisateur
Blanchet-Vaque Christine
(1972-....) Commentateur

« L’image » du vitrail est souvent associée aux verrières figuratives et colorées du Moyen Age ,aussi le métier du maître verrier, dont les techniques ont peu évolué, est-il également perçu comme ancestral. Or, au cours du XXème siècle, de nombreux créateurs, artistes et verriers, ont créé de remarquables ensembles de vitraux, qu’ils soient invités à faire sens dans de nouvelles architectures religieuses ou dans des édifices historiques. Bazaine, Soulages, Benzaken, Morris ou plus récemment Ann Veronica Janssen..., s’ils sont restés attentifs à la tradition, ont inscrit le vitrail dans l’art de leur temps : ils ont produit des écritures sans concession (abstraites, figuratives ou conceptuelles) et exploré les contraintes et richesses techniques du matériau à la recherche de l’œuvre globale (abolition du réseau de plomb, dalle de verre, thermoformage). Quel regard doit-on porter sur ces propositions artistiques et techniques? Doivent-elles être appréhendées comme une rupture de la tradition ou comme une évolution du vitrail ? Les relations entre art contemporain, architecture et patrimoine religieux conditionnent les valeurs de patrimonialisation des édifices, dont nous observerons ,à la lumière d’exemples historiques connus ou inédits, les renversements durant la seconde moitié du XXème siècle. Dans les édifices dédiés au culte, la création contemporaine cherche d’abord l’adéquation au projet architectural plutôt que de répondre au programme liturgique ou de se faire l’écho de la spiritualité contemporaine. Ainsi, la sacralisation contemporaine de l’artiste et de l’œuvre (G. Braque à l’église de Varengeville en 1962, ou M. Chagall à la cathédrale de Reims en 1973) a parfois pour effet de substituer celle-ci à l’édifice: des églises sans intérêt notoire peuvent ainsi prétendre à une toute autre valeur patrimoniale (cf. église de Saint-Prim avec l’intervention de C.Rutault en 2004)