Master class d'été 2026
Vers un mémorial du patrimoine disparu
La Cité organise, pour la première fois, du 26 août au 4 septembre 2026, un atelier intensif réunissant des étudiants en architecture autour de la thématique «Mémoire en urgence». Atelier encadré par l'architecte Bita Azimi (CAB) avec l'Atelier Faber et le photographe Giaime Meloni
Cité de l'architecture & du patrimoine
Thème et objectifs
En lien avec l’exposition « Patrimoines en résistance », les participants sont invités à concevoir un mémorial éphémère et démontable d'un patrimoine détruit par un conflit contemporain. Il sera implanté symboliquement sur le parvis des Droits-de-l'Homme, l’esplanade du Trocadéro.
Encadré par l'architecte franco-iranienne Bita Azimi, avec l’atelier Faber, le photographe Giame Meloni, et les commissaires de l'exposition, Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, cet atelier propose une immersion créative et transdisciplinaire mêlant recherche, conception et narration. Il interroge le rôle de l’architecture dans la transmission de la mémoire, la réparation symbolique et l’expression de la dignité face à la violence de l’Histoire. Une conférence de Marc Barani et la présence au jury de restitution du grand prix de l'architecture Philippe Prost marqueront cette expérience exceptionnelle.
Calendrier
- Du mercredi 26 août au vendredi 4 septembre 2026 de 10h à 18h.
Lieu
- Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris.
Qui peut s'inscrire ?
- Étudiants inscrits en Master pour l'année 2026-2027, Master Spécialisé et en HMONP inscrits en 2025-2026 dans une ENSA, à l'ESA, à l'INSA Strasbourg.
- Limité à 20 places
Comment s'inscrire ?
- En ligne sur le site web de la Cité, en cliquant sur le bouton billetterie
- Pour les étudiants qui ont droit à un tarif exonéré, merci de contacter directement anne.lagune@citedelarchitecture.fr / fiona.meadows@citedelarchitecture.fr
Restitution et valorisation
Le dernier jour de la master class sera consacré à un jury final et à une présentation publique des projets, suivi d’un moment de convivialité.
Présentation de la master class
Concevoir un mémorial du patrimoine disparu sur le parvis des Droits de l’Homme, c’est inviter les étudiants à explorer non seulement ce qui n’est plus, mais aussi ce qui persiste dans l’imaginaire collectif. Car lorsqu’un patrimoine disparaît, il ne s’efface jamais totalement : il laisse des empreintes, des formes fantômes, des récits qui continuent de modeler notre perception du monde. Ce projet, en résonance avec l’exposition Patrimoine en résistance, propose la création d’un mémorial éphémère sur l’esplanade du Trocadéro et dans ses jardins — un lieu où l’absence devient matière, où le vide devient mémoire.
I. Un site chargé de sens
La place des Droits de l’Homme, entre les deux ailes du Palais de Chaillot, ouvre une perspective magistrale sur les jardins en cascade et, au-delà, sur la tour Eiffel. Cet espace, aujourd’hui dégagé, fut autrefois occupé par un palais construit pour l’Exposition universelle. Sa disparition a laissé un vide, mais un vide habité : un espace où l’architecture effacée continue de hanter les lieux, comme une silhouette invisible.
Ce phénomène — la persistance d’une forme disparue — n’est pas propre à Paris. La place Navone à Rome en est un exemple emblématique : sa forme allongée, légèrement incurvée, épouse encore aujourd’hui le tracé de l’arène du stade de Domitien. Le monument antique a disparu, mais son empreinte structure toujours la ville, comme une mémoire inscrite dans le sol. Les Romains traversent chaque jour un espace dont la géométrie raconte un passé absent, mais toujours perceptible.
Ainsi, le site du Trocadéro devient lui aussi un terrain d’exploration : comment un lieu peut-il conserver la mémoire de ce qu’il a perdu ? Comment les formes disparues continuent-elles de façonner notre imaginaire ? Comment inscrire un geste éphémère dans un espace déjà marqué par les métamorphoses de l’histoire ?
II. Qu’est‑ce que le patrimoine ?
Le patrimoine est ce que nous recevons du passé et que nous jugeons digne d’être transmis. Il peut être matériel — monuments, objets, architectures, paysages — ou immatériel — langues, savoir‑faire, rites, récits. Il raconte ce que nous sommes, d’où nous venons, comment les sociétés se sont construites.
Mais lorsque ce patrimoine disparaît, il ne cesse pas d’exister. Il se déplace. Il migre dans la mémoire collective, dans les récits, dans les images mentales, dans les formes urbaines qui en conservent l’empreinte. Il devient une absence active, une trace persistante qui continue de structurer notre imaginaire.
III. Pourquoi un mémorial du patrimoine disparu ?
Ériger un mémorial, même éphémère, c’est donner forme à l’invisible. C’est offrir une présence à ce qui n’est plus, transformer la perte en expérience sensible, faire de l’oubli une vigilance et de la disparition un récit partagé. Un tel lieu ne se contente pas de rappeler : il transmet, éclaire, interroge. Il révèle les forces — humaines, politiques, naturelles — qui ont façonné nos paysages autant qu’elles les ont parfois effacés.
Dans l’espace du mémorial, la matière, la lumière, les sons ou même le vide deviennent des vecteurs de mémoire. Ils réinventent ce qui a disparu, non pour le reconstituer, mais pour en raviver la trace, pour en faire un terrain d’émotion et de pensée.
Un mémorial du patrimoine disparu est ainsi un lieu de conscience autant qu’un lieu d’imaginaire : un espace où l’on mesure l’impact des destructions, où l’on convoque les traces enfouies, où l’on apprend à regarder autrement ce qui nous entoure — et ce qui nous manque.
IV. Une démarche pédagogique et sensible
Les étudiants seront invités à imaginer des installations comme des lieux de recueillement, de silence, de projection mentale. Ils pourront travailler sur l’empreinte, la trace, la disparition, la mémoire collective. À partir d’un motif simple, ils exploreront la forme et la matière en privilégiant des gestes élémentaires, des assemblages archaïques, des dispositifs primaires qui renouent avec l’essence du monument.
La maquette physique deviendra un outil d’étude, un support de dialogue, mais aussi une manière de matérialiser l’invisible — un fragment de mémoire rendu tangible par la lumière, l’ombre, la texture.
Un corpus de références — du Stone Age au mémorial de Pingusson, du cimetière d’Asplund aux architectures de la trace — nourrira leur réflexion.
V. Un workshop comme expérience collective
Le workshop, qui se déroulera du 26 août au 4 septembre 2026 à la Cité de l’Architecture, impose un rythme intense. Ce temps court oblige à clarifier rapidement ses idées, à faire des choix, à s’immerger pleinement dans le processus créatif. L’unité de lieu favorise l’émulation, la rencontre entre écoles, la diversité des imaginaires, l’appropriation des espaces.
Dans cette dynamique collective, les étudiants vivront une aventure intellectuelle et sensible, où la création devient un acte de mémoire, et où le mémorial éphémère devient un geste partagé.
Intervenants : CAB architectes (Bita Azimi et Jean Patrice Calori), L’atelier Faber (Gabriel Pontoizeau et Luccas Antognoli), Giaime Meloni architecte photographe
Le calendrier
Mercredi 26 août
Matin : Accueil des étudiants et visite de l'expo par la commissaire
Après-midi : Introduction à la thématique et déroulé du workshop ; présentation des outils, du process et modes de représentation par la maquette et lancement du travail
Jeudi 27 août : Encadrement
Conférence de Marc Barani à 18h, ouvert au public
De vendredi 28 à dimanche 30 août : Encadrement de la master class par l’équipe
Lundi 31 : Pré-jury
Mardi 1e septembre : Présentation de Giaime Meloni à 14h30 sur la photo de maquette et la production d’images
Mercredi 2 au vendredi 4 septembre : Encadrement
Vendredi 4 septembre : Restitution avec invités
Informations pratiques
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Biographie
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Présentation de la Master class
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Contact
Pour tout renseignement complémentaire, contacter
- Anne Lagune anne.lagune@citedelarchitecture.fr
- Fiona Meadows fiona.meadows@citedelarchitecture.fr
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Tarifs
- 300€ pour les étudiants
- 150€ pour les étudiants boursiers
- 0€ pour les étudiants avec un statut de réfugié