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Le concours d’architecture : histoire, actualité et potentialité d’une pratique.

Jeudi 6 mai 2021 - 18h

Hors les murs

#CiteDelArchiChezVous

Le concours d’architecture en Europe : histoire et actualité : Cycle de conférences organisé par l’EPHE-PSL (HISTARA, EA 7347), la Cité de l’architecture & du patrimoine, l’ENSA Lyon.

La Cité de l’architecture & du patrimoine est partenaire d’un séminaire dont le thème peut retenir le grand public autant que les historiens et les architectes.   

Transmettre la culture architecturale au public demande de fixer des repères, des incarnations : grandes figures, édifices qui ont opéré une rupture... Parmi ces repères, les grands Concours d’architecture royaux ou impériaux procurent à la fois des points de césure dans l’Histoire et des histoires donnant à l’architecture une dimension à la fois épique et humaine – ainsi le fameux Concours de 1860 pour l’Opéra de Paris et son lauréat, héros romanesque autant que fin politique.

Les architectes, eux, cherchent à comprendre pourquoi le Concours s’est si bien imposé depuis la fin du XXème siècle. Est-ce parce qu’il « mesure » au mieux les projets ou parce qu’il permet d’accorder, dans nos démocraties avancées, des enjeux discordants ? Pour les architectes, le concours est un mode de sélection du meilleur projet (habilement réinscrit par exemple en France dans la tradition méritocratique républicaine). Il est pour les élus un mode de décision, au nom des usagers-électeurs, le plus démocratique possible à l’exclusion de tous les autres. Les administrations réglementant, elles, un mode d’adjudication au nom duquel elles modèleront souvent, après la bataille, le parti final. 

L’architecture s’accomplit comme « art utile et social » (Jean Nouvel) quand elle habite tous ces récits parallèles. Le cycle sur Le Concours d’architecture en Europe offre un champ de recherche aussi riche et complexe que le système d’acteurs qu’il observe.
 

Jeudi 6 mai 2021 : Le concours d’architecture : histoire, actualité et potentialité d’une pratique.

Plus que toute autre métropole, Paris, capitale des concours, doit sa physionomie actuelle à des compétitions internationales qui ont suscité un débat intense. Cette intervention à deux voix gravite autour de deux témoignages des plus significatifs issus de contextes fort différents : le concours du Centre Pompidou en 1969 et celui du Louvre en 1664/1665, qui opposa quatre italiens. Chacun d’eux a marqué un tournant dans l’histoire de l’architecture, non seulement française mais mondiale. Le projet de Renzo Piano et Richard Rogers, choisi parmi 681 concurrents, ouvrit de nouvelles voies, tant pour le bâtiment muséal que pour la transformation urbaine, inséparablement liés à une stratégie d’autocélébration politique. François Mitterrand, qualifié par la suite de « pharaon », devait quant à lui renoncer au concours et, en 1983, chargea Ieoh Ming Pei du réaménagement du musée du Louvre et de la construction la Pyramide. Ainsi a-t-il tranché sur une pratique dont sont issues quelques-unes des décisions majeures pour l’évolution du palais, puis du musée, sans doute déjà depuis la Renaissance, ensuite sous Louis XIV, selon une procédure déjà assez proche des modalités de concours existant dans des systèmes démocratiques, et enfin sous Napoléon.

Cet état de fait invite de s’atteler à une réflexion sur les origines du concours, sur les dispositifs normatifs et sur la mise au point d’une conception idéologique. Giorgio Vasari fournit des réponses, non seulement à travers ses Vite de 1550 et 1568 mais aussi en tant qu’architecte impliqué lui-même dans des concours. Ces derniers sont, au XVIe siècle, encore loin de témoigner d’une dimension règlementaire, mais représentent un champ d’expérience prodigieux dans l’évolution de cette pratique.

Intervenants : Claudia Conforti (Roma, Tor Vergata) ; Sabine Frommel (EPHE-PSL ; HISTARA, EA 7347)

Le concours d’architecture : histoire, actualité et potentialités d’une pratique

“Laurent de Médicis parmi les artistes”. (Michel-Ange présente sa tête de faune).

“Laurent de Médicis parmi les artistes”. (Michel-Ange présente sa tête de faune). Fresque, 1635, d’Ottavio Vannini (1585–1643).

Informations pratiques

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