Une pièce à soi
Rencontre Architecture et littérature
À l’occasion des Biblis en folie, événement national célébrant les bibliothèques, la littérature et les lieux de lecture, écrivaines, écrivains et architectes se réunissent autour d’une question aussi intime qu’universelle : « Une pièce à soi ». Les écrivains Maylis de Kerangal, Lola Lafon, Christophe Ono-dit-Biot, et l’architecte Jean-Christophe Quinton croiseront leurs regards sur ces espaces où l’on se retire, où l’on lit, où l’on pense, où l’on crée… où l’on vit.
A casetta, Jean-Christophe Quinton architecte
Programmation
En écho à l’œuvre emblématique de Virginia Woolf, cette rencontre interrogera la place que nous accordons à l’espace personnel, à la création et à la pensée. Qu’est-ce qu’une pièce à soi ? Est-elle un lieu physique, un refuge, un atelier, une bibliothèque, un espace mental ? Comment l’architecture façonne-t-elle notre rapport à l’intimité, au silence et à la création ? Et comment la littérature, à son tour, imagine-t-elle et habite-t-elle les espaces qui nous sont propres ?
Écrivains et architecte croiseront leurs regards et leurs expériences pour explorer les liens étroits entre habiter et écrire, construire et imaginer, penser et créer. À travers leurs pratiques respectives, Maylis de Kerangal, Lola Lafon, Christophe Ono-dit-Biot et Jean-Christophe Quinton dialogueront autour de la manière dont les lieux influencent nos récits, nos souvenirs et notre façon d’être au monde.
Cette rencontre sera également ponctuée par une lecture du poème de Florent Schwartz, Formes de pièces, qui accompagnait l’exposition « L’altérité des pièces et la promesse des formes », présentée à la Galerie d’architecture en 2024. Cette lecture offrira un autre accès à l’univers architectural de Jean-Christophe Quinton, en faisant résonner l’espace des pièces avec celui des mots.
Une invitation à réfléchir à nos espaces intimes et collectifs, à la nécessité d’un lieu pour soi, mais aussi à la façon dont nous habitons les lieux — et dont les lieux, en retour, nous habitent. Sentir l’expérience immédiate d’une pièce.
Cette rencontre entre architecture et littérature, où les mots et les espaces se répondent, est animée par Marie-Madeleine Rigopoulos.
La soirée se clôturera par un temps convivial autour d’un verre, ainsi que par une séance de signatures avec écrivains et architecte, en partenariat avec la Librairie de la Cité. Un moment privilégié pour prolonger les échanges, partager les impressions et poursuivre la conversation autour des livres et des espaces qui nous habitent.
En partenariat avec
Maylis de Kerangal est une écrivaine dont l’œuvre explore avec une grande puissance narrative les liens entre les individus, les lieux et les expériences humaines. Elle est notamment l’autrice de Naissance d’un pont, prix Médicis 2010, de Réparer les vivants, roman largement salué par la critique et adapté au cinéma, ainsi que de nombreux autres récits, parmi lesquels Corniche Kennedy, Un monde à portée de main et Canoës.
Son écriture, attentive aux gestes, aux matières, aux espaces et aux trajectoires humaines, entretient un dialogue particulièrement fécond avec l’architecture. Dans ses romans, les lieux ne sont jamais de simples décors : ils deviennent des espaces vécus, traversés par les émotions, les histoires et les transformations de celles et ceux qui les habitent. Elle publie À ce stade de la nuit en 2014 puis Un chemin de table en 2016, Un monde à portée de main en 2018 et Jour de ressac en 2024.
Lola Lafon est une écrivaine et musicienne. Elle est l’autrice de sept romans, parmi lesquels La petite communiste qui ne souriait jamais, Mercy, Mary, Patty, Chavirer et Quand tu écouteras cette chanson. Elle a également publié deux albums : Grandir à l’envers de rien et Une vie de voleuse. Son œuvre, à la croisée de la littérature, de la musique et de l’engagement, explore les rapports de pouvoir, la mémoire et les trajectoires de femmes. À travers ses romans comme dans sa pratique musicale, Lola Lafon interroge les normes sociales et donne une place centrale aux voix singulières et marginalisées. En 2025, elle publie Il n’a jamais été trop tard, qui évoque la complexité d’un présent pris entre un passé récent et un futur incertain, ainsi que les effets de cette temporalité sur les individus et la collectivité. La même année, elle publie, avec Pénélope Bagieu, La nuit retrouvée, une bande dessinée située au cœur des Landes.
Christophe Ono-Dit-Biot est un écrivain et journaliste français. Il est l’auteur de plusieurs romans, parmi lesquels Désagrégé(e), Birmane, prix Interallié 2007, Plonger, Grand prix du roman de l’Académie française et prix Renaudot des lycéens en 2013, ainsi que Trouver refuge (2022). Son œuvre explore notamment les voyages, les relations humaines, la mémoire ainsi que les liens entre les individus et les lieux qu’ils habitent ou traversent.
Directeur adjoint de la rédaction du Point, où il est responsable des pages Culture, il intervient également régulièrement dans les médias, notamment sur France Info. Par son activité de journaliste comme par son œuvre littéraire, il contribue à faire dialoguer littérature, culture et société.
Pour Jean-Christophe Quinton, « être architecte, c’est donner la possibilité à chacun d’être mieux avec son environnement, mieux avec les autres et mieux avec soi-même ». L’architecture est pour lui une expérience existentielle : elle permet de se sentir inscrit dans le monde, dans le présent, et pleinement en vie.
Sa pratique s’appuie sur les éléments fondamentaux de l’architecture — le corps, l’usage, la matière, la mesure, la pièce, la relation entre intérieur et extérieur et l’espace. Chaque projet naît d’une recherche patiente visant à révéler son ordre intérieur et ses règles propres.
Le dessin et la maquette occupent une place centrale dans cette démarche. Outils d’observation, d’analyse et de conception, ils permettent d’explorer la géométrie, la mesure et les formes, tout en ouvrant de nouveaux possibles. La pièce, cellule originelle du projet, devient ainsi un élément essentiel de la réflexion sur l’espace et l’édifice. L’exposition « Pièce et forme, une poétique élémentaire de l’architecture. Jean-Christophe Quinton, architecte » est présentée à Centre d’architecture Arc en rêves à Bordeaux, jusqu’au 25 octobre 2026.
Florent Schwartz (1982) est écrivain. Sa pratique se déploie entre poésie, récit expérimental et roman. Son récit Conversation familière a reçu en 2022 le Prix du roman gay, catégorie « conversation ». Depuis 2004, il collabore avec l’architecte Jean-Christophe Quinton autour de textes accompagnant ses projets et ses publications. Ensemble, ils ont notamment réalisé deux albums jeunesse, Orson voyage et Orson océan. Il développe également une pratique artistique à la croisée de la littérature, de l’architecture et des arts visuels, notamment à travers la réalisation d’un film pour l’exposition « Trà mare è monti » en 2022 à la Cité de l’architecture et du patrimoine, et une série de seize peintures présentée en 2024 à la Galerie d’architecture.
Déroulé
17h30 : ouverture des portes
18h30 : début de la table-ronde
20h : dédicaces et cocktail apéritif
Informations pratiques
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Auditorium
7, avenue Albert de Mun 75116 Paris
Accès côté jardins
Métro Iéna ou Trocadéro
Lola Lafon
Jean-Christophe Quinton
Maylis DE KERANGAL
Christophe ONO-DIT-BIOT
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