Des conflits géopolitiques aux écoles d’architecture
Guerres, crises politiques et bouleversements géopolitiques transforment profondément les écoles d’architecture. Fermées, déplacées ou réinventées, elles deviennent parfois des lieux de résistance et d’expérimentation. Ce colloque explore la manière dont les conflits transforment l’enseignement de l’architecture, ses contenus, ses méthodes et ses espaces.
L’enseignement de l’architecture ne se tient jamais à l’écart du monde. Au fil du XXe et du XXIe siècle, les guerres et les bouleversements politiques ont conduit les écoles d’architecture à se transformer, à se déplacer, parfois à disparaître, mais aussi à inventer de nouvelles formes de transmission.
De la fermeture du Bauhaus sous le régime nazi à l’évacuation d’écoles soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale, de l’enseignement clandestin et des lieux détournés dans Sarajevo assiégée aux reconfigurations pédagogiques actuelles en Ukraine, en Palestine ou au Liban, les situations de conflit mettent à l’épreuve les institutions, leurs espaces et leurs pratiques. Elles peuvent aussi faire émerger de nouveaux récits, de nouvelles méthodes et de nouvelles manières de penser le rôle de l’architecte.
Comment continuer à enseigner l’architecture lorsque les lieux d’apprentissage sont détruits, inaccessibles ou déplacés ? Comment les contenus et les références enseignés évoluent-ils face à la réalité de la guerre ? Et que peut alors devenir l’école d’architecture : un espace de continuité pédagogique, de résistance et d’expérimentation ?
Réunissant chercheur·euses, architectes et enseignant·es de plusieurs pays, ce colloque organisé par Stéphanie Dadour et Mazen Haïdar propose de croiser des expériences historiques et contemporaines autour de trois enjeux : reconstruire, en interrogeant les liens entre projet architectural, reconstruction et territoires en crise ; redéfinir les contenus, en faisant émerger de nouveaux récits et de nouvelles approches de l’architecture et reconfigurer des modes pédagogiques, lorsque les conditions ordinaires de l’enseignement deviennent impossibles.
La journée s’ouvrira avec une conférence principale d’Amra Hadžimuhamedović du HIDR-Centre for Peace and Heritage, consacrée au cas bosnien et aux relations entre savoir, patrimoine et violence épistémique.
De Sarajevo à Gaza, de l’Irak à l’Arménie, de Kharkiv à la France de Vichy, les contributions réunies mettent en regard des situations historiques et contemporaines très différentes pour interroger ce que les conflits font aux écoles d’architecture — mais aussi ce que celles-ci peuvent produire, transmettre et inventer dans des contextes de crise.
Colloque organisé par Stéphanie Dadour et Mazen Haïdar - ENSA Paris Malaquais, avec le comité scientifique composé de Stéphanie Dadour, Elisabeth Essaïan, Mazen Haïdar, Bijan Rouhani et Léa-Catherine Szacka.
Les projections, conférences et tables rondes organisées à la Cité autour de l’exposition « Patrimoines en résistance » visent à favoriser les échanges et la pluralité des points de vue. Les opinions exprimées à cette occasion le sont sous la seule responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient être interprétées comme reflétant la position de la Cité ou de ses partenaires.
Visitor information
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Auditorium
7, avenue Albert de Mun 75116 Paris
Accès côté jardins
Métro Iéna ou Trocadéro -
Programme