La bourse Carnets de terrain soutient une démarche de recherche-création menée exclusivement par le dessin à la main, envisagé comme un outil critique, sensible et exploratoire au service des enjeux écologiques contemporains.
Chaque année, un thème est proposé aux étudiants en architecture.
Quatre lauréats reçoivent une bourse de 4000€ leur permettant de réaliser un carnet de dessins. Ni recherche académique ni objet de validation pédagogique, ce dispositif accompagne une démarche personnelle conduite hors du cadre des enseignements.
Le dessin, instrument essentiel et écologique de l’architecture
Le dessin constitue depuis toujours l’un des fondements de la pratique architecturale.
À la fois outil d’analyse, moyen de représentation et vecteur de conception, il permet à l’architecte de penser, de comprendre et d’imaginer l’espace avant toute mise en œuvre.
En phase de diagnostic, le dessin devient un instrument d’observation et d’interprétation du réel. Par le relevé, le croquis ou la cartographie, il aide à saisir les structures visibles et invisibles d’un lieu, ses usages, ses qualités sensibles et ses tensions. Il révèle ce qui est déjà là, ses potentiels et ses fragilités.
Dans le passage du diagnostic au projet, le dessin agit comme un véritable outil d’expérimentation. Chaque trait engage une hypothèse, un possible, une pensée en devenir. Il permet d’explorer, d’ajuster, de transformer.
À l’heure du numérique, le dessin à la main conserve une valeur singulière : il relie la main, l’œil et l’esprit dans un même geste. Lent, attentif et sobre, il propose une écologie du regard et du geste, où la pensée s’élabore au rythme du trait. Il invite à observer avant d’agir, à comprendre avant de transformer, à composer plutôt qu’à dominer.
Cette pratique engage une écologie matérielle et cognitive : un carnet, un crayon, un peu d’encre suffisent. Loin des dépendances technologiques, le dessin à la main instaure une économie de moyens et de ressources, en accord avec une éthique du soin et de la mesure.
Enfin, le dessin favorise une écologie relationnelle : langage commun entre architectes, artisans, habitants ou enfants, il rend le projet partageable et lisible. Plus qu’un outil de représentation, il devient un espace de dialogue et d’invention collective.
Qu’il soit croquis, coupe, plan, diagramme ou dessin libre, le dessin reste l’outil essentiel de l’architecture — celui par lequel s’opère le passage du réel à l’idée, de l’idée au projet, et du projet à l’espace habité.
Dessiner, c’est déjà habiter autrement.
Objectif
La bourse a pour objectif de soutenir une démarche de recherche-création menée exclusivement par le dessin à la main, envisagé comme outil critique, sensible et exploratoire, portant sur les enjeux écologiques contemporains.
Chaque année, un thème différent est proposé. Les quatre lauréats retenus bénéficieront chacun d'une bourse d’un montant forfaitaire de 4 000€ brut, versée au titre des droits d’auteur, en contrepartie de la réalisation d'un carnet dessiné, issu de leur recherche, de la cession de droits sur les œuvres produites dans le cadre du projet, selon les conditions définies au contrat.
Cette bourse ne constitue ni un dispositif de recherche académique au sens institutionnel, ni une validation pédagogique. Elle vise à soutenir une démarche personnelle de recherche-création par le dessin, conduite en dehors du cadre des enseignements.
Thématiques
2026 : Cohabiter avec le vivant
2027 :
Information
Qui peut candidater ?
- Les étudiants en école d’architecture inscrits dans une école nationale supérieure d’architecture, du niveau L2 au master 2.
- Les candidatures sont exclusivement individuelles.
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Pourquoi dessiner à la main