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œuvre du musée

Inscriptions latines narrant la vie de Sainte Geneviève, vitraux de la sacristie de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Numéro d'inventaire

DSS.00065

Situation

Exposé

Statut

Propriété de l’État, Cité de l’architecture et du patrimoine, musée des Monuments français

Fonds

Geoffroy-Dechaume, Adolphe-Victor : Paris, 29 septembre 1816 - Valmondois, 25 août 1892

Auteur(s)

Auteur(s) de l'œuvre du musée

Datation

(cf. thèse de Stanislas Anthonioz, Louis Charles Auguste Steinheil (1814-1885): Vie et oeuvre, tome III. page 853)

Description

Dénomination

Description du décor

Les inscriptions se trouvent sur les vitraux narrant la vie de Sainte Geneviève à laquelle sont consacrées dix-huit baies géminées dans la sacristie de la cathédrale Notre Dame de Paris. Les numéros devant les lignes de l'inscription correspondent au vitrail sur lequel se trouve le texte reproduit. Les lignes numérotées 1 et 2 correspondent au texte de la première baie, les lignes numérotées 3 et 4 corespondent au texte de la deuxième baie, et les lignes numérotées 35 et 36 correspondent au texte de la dix-huitième baie.

Cette inscription est une version corrompue de la prose de sainte Geneviève traditionnellement attribuée à Adam de Saint Victor. Le texte de la prose originelle peut se trouver dans Œuvres poétiques d’Adam de Saint-Victor, 1858-1859 éd. Léon Gautier. Une traduction de la prose originelle se trouve quant à elle dans la première partie de la deuxième section de l'Année liturgique: le temps de Noël par le R.P. Dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes, imprimée au Mans en 1845;

Matières

  • Papier
Techniques
  • Encre
  • Graphite

Dimensions

H : 45 cm; l : 43 cm

Inscription

Signature manuscrite : E V D.

En bas au centre

Annotation : six lignes numérotées : 1er, 2, 3, 4, 35e, 36e.

Annotation manuscrite : FELIX.SORTUS.GENOVEFE:TESTE.GERMANO.PRESULE QUOD.PREVIDIT.INSPIRITU:RERUM.PROBATUR.EXITU INFANTI.MANS.IMPONS:DEO.VIRMG.CONSET:XPO.SPONSO.SPONSA.NUBENS:DULCI.VINCO.COLIGAT HIC.AD.PECTUS.VIRGINEU:PRO.PUDORIS.SIGNACULO:NUMU.SUSPENDIT.ENEU.INSIGM.CRUCS.TITULO MORTI.MORBIS.DEMONS:ET.ELEMENTIS.IMPRT:SIC.GEN.PRECIBUS:NATURA.LEGES.SUPERT IGNIS.SACER.URBE.VASTAT:OPE.FUGR.VIRGS:QUE.PRIUS.IN.SE.VICERAT:ESTUS.INTERNI.FOMITIS.

Heureuse fut la naissance de cette enfant, témoin le Pontife Germain.
Ce qu'il prévit en esprit est justifié par l'évènement.
[...]
Sur la poitrine de la vierge, pour indice de pudeur, il suspend une médaille d'airain marquée du signe de la croix.
La mort, les maladies, les démons, obéissent à ses ordres. Ainsi Geneviève par ses prières, domine les lois de la nature.
[...]Elle qui, dans ce monde, avait vaincu en soi-même les feux de la concupiscence.
(cf. L'année liturgique, deuxième section, Le temps de Noël, première partie par le R. P. Dom Prosper Guéranger, abbé de Solesme, 1845, pages 481 et 482)

Traduction de François Ploton-Nicollet, Professeur à l'Ecole nationale des chartes:

Heureuse naissance que celle de Geneviève
au témoignage de l’évêque Germain :
ce qu’il a prévu en vision
s’avère dans la mort du monde.

Imposant les mains à l’enfant,
il la consacre vierge à Dieu.
Au Christ époux la donnant pour épouse,
il les unit d’un doux lien.

Alors sur son sein virginal,
comme un sceau de chasteté,
il pendit un liard de bronze
rehaussé du signe de croix.

A la mort, aux maux, aux démons,
aux éléments elle commande :
Geneviève par ses prières
dompte les lois de la nature.

Un feu sacré brûle la ville ;
il est chassé par le pouvoir de la vierge
qui avait déjà vaincu en elle-même
le bouillonnement d’une fournaise intérieure.

Le vers 1 est corrompu : sortus est écrit fautivement à la place d’ortus, et Genovefe est écrit fautivement pour infantulae qui, lui respecte le rythme et la rime. La deuxième strophe, correspondant à la troisième ligne de l’inscription, est une adjonction à la prose originelle : la syntaxe est approximative et les rimes n’ont pas la qualité de celles d’Adam de Saint Victor. Ignis sacer urbel vastat ; ope fugitur virginis est une variante fautive du texte original : Ignem sacrum refrigerat/ post mortem vivens meritis.

Saint Germain d’Auxerre (mort en 448) aurait rencontré Sainte Geneviève âgée de 10 ans et l’aurait consacrée à Dieu. La mort du monde à laquelle il est fait référence à la fin de la deuxième ligne de l’inscription est la fin de l’Empire romain en Occident. Enfin, sous le Bas-Empire ; les menues monnaies de bronze étaient marquées d’un chrisme ou d’un globe crucigère, ce qui permettait d’en faire aisément des objets de dévotion.

Edifice de référence

Paris - Cathédrale Notre-Dame

Localisation

Paris, Ile-de-France, France

Datation
3e quart du 12e siècle-16e siècle
Précisions sur l'historique
Notice issue de la base Mérimée : "L'île de la Cité est occupée depuis le 4ème siècle par un ensemble épiscopal (deux basiliques, un baptistère, et la résidence de l'évêque). Au 12ème siècle, l'évêque Maurice de Sully recompose l'ensemble et construit une cathédrale plus grande avec dégagement d'un parvis à l'ouest. Les travaux commencent en 1160 par le choeur. La cathédrale mesure 127 mètres de long, 40 mètres de large et 33 mètres de haut. Elle se compose d'une nef de cinq vaisseaux, d'un transept non saillant et d'un choeur à double déambulatoire. L'agrandissement des fenêtres hautes fait disparaître les rosaces des combles des tribunes. Début de la construction des tours en 1210. Construction des chapelles du milieu du 13e au début du 14ème siècle. Au 18ème siècle, Soufflot fait détruire le trumeau et une partie du tympan de la porte centrale de la façade occidentale pour faciliter les processions. Au 19ème siècle Viollet-le-Duc et Lassus entâment les travaux de restauration."
© Ministère de la culture et de la communication, Direction de l'architecture et du patrimoine, sous-direction de l'archéologie, de l'ethnologie, de l'inventaire et du système d'information.

Mise à jour le 13/07/2018